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FIREFLY 112 : SHINDIG

 

CHAPITRE 4

HOTES PRIVILEGIES 

 

Une navette descendait entre les gratte-ciels de Perséphone tandis que les avions fendaient le ciel. Chargés de leurs bagages, l'équipage du Serenité avançaient dans les rues surpeuplées : ce n'était que fumées, vêtements bariolés, véhicules en tous genres et réclames flottants au vent. Malcom Reynolds baissa les yeux : les soldats de l'Alliance quadrillaient la ville. Kaylee, la jeune mécanicienne, marchait en tête. Son visage s'illumina d'un large sourire en apercevant les devantures de la rue suivante : « Oh, s'écria-t-elle : regardez les jolies ! »

Les vitrines de la boutique explosaient des mannequins vivants, devant lesquels les passants s'arrêtaient : une jeune fille à la perruque verte prenait une pose de magazine... Wash, le pilote, s'arrêta et demanda à Zoé, pendue à son bras : « Qu'est-ce que je regarde ? Les filles ou les robes ?

– Y'a des filles ?, demanda Jayne le mercenaire (qui transportait une longue caisse sur l'épaule).

– Les robes, s'il te plaît !, » répondit la femme-soldat avec un grand sourire. Kaylee leva les yeux et s'approcha : « Hé, regardez celle en mousseline ! »

Elle montrait une fille brune qui portait une robe à panier rose et blanche et qui faisait semblant de s'affairer dans sa minuscule vitrine surélevée.

« Beaucoup trop de froufrous, répondit Zoé. Si je devais porter une robe, je voudrait quelque chose qui ondule...

– Tu aimes les robes qui ondulent ?, répéta Wash. Capitaine, je peux avoir de l'argent pour une robe qui ondule ?

– Je participe, proposa immédiatement Jayne.

Zoé détourna ses yeux de la victime pour regarder le mercenaire sans cesser de sourire : « Je peux te faire mal. »

Kaylee reprit, les yeux plein de rêve : «  Le seul endroit où j'ai vu quelque chose d'aussi beau, c'était certaines des affaires qu'avait Inara...   »

Derrière la jeune fille, Mal grimaça : «  On ferait mieux de bouger. » Mais les autres ne bougeaient pas.

« Je pense qu'elle a besoin de tout ces trucs, » remarqua Zoé, les yeux à nouveaux levés sur le gracieux mannequin. « La vie qu'elle mène. »

La fille dans la vitrine avait maintenant comme un air de ressemblance avec la Courtisane. Kaylee se détourna : « Oui, c'est vrai. » Puis elle releva les yeux : « Des fois, ses clients lui achètent des choses. Elle connaît des gens vraiment très riches.

– Allez, intervint Mal : c'est pas des plumes que je me trimballe !

– J'aime les dentelles, » continuait Kaylee.

Son capitaine fit une nouvelle grimace. Kaylee reprit : « Inara est celle qui peut porter tout ce qu'elle veut... »

– Qu'est-ce que tu vas faire dans cette tenue ? » l'interpella Mal.

Kaylee se retourna, sans répondre. Mal continua : « Rebondir à travers la salle des machines ? Etre comme un mouton qui marche sur ses pattes arrières ? »

Jayne éclata de rire.

Le visage de Kaylee se figea. Elle détourna les yeux. Elle ne savait plus trop quoi faire. Elle porta sa main à sa joue, regarda autour d'elle, puis se remit à marcher. Zoé s'avança vers Mal, les traits durs, un regard sinistre. Elle récupéra le sac que portait ce dernier, et dit, froidement : « Rendez-vous au vaisseau, Capitaine. »

Et elle s'en alla à la suite de la mécanicienne. Mal soupira. Wash, Zoé et Kaylee montaient à bord d'un taxi-tracteur. Jayne s'approcha de son associé: « Elle est en colère ou quoi ? » demanda le mercenaire.

Mal le regarda, et soupira à nouveau. Le déclic d'un fusil automatique le fit se retourner : Jayne et lui venaient d'être mis en joue par un jeune noir aux superbes dreadlocks, avec une cicatrice sur la joue. Derrière lui, une silhouette familière s'avançait. « Badger ! » salua le capitaine du Serenity .

Flanqué d'un second garde – blanc et chauve cette fois, Badger, son éternel chapeau melon élimé vissé sur le crâne, s'avança, le sourire en coin : « Cap'taine Reynolds. »

Comme à son habitude, il s'était arrêté presque sous le nez de son interlocuteur : « Entendu qu't'étais en ville. Pensé qu'on pourrait faire un p'tit sitting.

– J'préfèrerais plutôt un petit laisse pisser, » répondit Mal.

Badger eut un petit rire : « J'suis vraiment désolé. T'ai-je donné l'impression que j'proposais ? »

D'un coup, il cessa de sourire.

 

Adaptation française de David Sicé, 20 avril 2005.

D'après un scénario de Jane Espenson.

Texte et illustration originaux tous droits réservés la Fox et Joss Whedon.

 

 

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